
Arrivée par hasard à Issy-les-Moulineaux en 1998, j’ai rapidement apprécié cette ville, aux portes de Paris, qui offrait toutes les facilités à une jeune mère de famille, notamment les activités extra-scolaires et les moyens de transport, à proximité. Mes trois enfants ont grandi dans le quartier de la Ferme que nous n’avons jamais quitté.
Issy-les-Moulineaux s’est métamorphosée et c’était nécessaire. Aujourd’hui elle aurait besoin de respirer : pause de la bétonisation et renouvellement de la majorité, après 45 ans d’un règne sans partage, lui donneraient cette bouffée d’oxygène attendue.
Que dire de l’écart qui se creuse davantage entre les quartiers ?
Toutes ces raisons m’ont poussée à m’engager dans la liste d’alternative, Vivre Issy Pleinement, née en 2019, d’une rencontre entre trois femmes, dont je faisais partie. La bonne maîtrise des dossiers de la Ville et du territoire par Martine Vessière m’avait alors convaincue à m’engager à ses côtés.
Sept ans plus tard, où en sommes-nous ?
La liste s’est étoffée, attirant des Isséens ancrés et impliqués dans les différents quartiers de leur ville, aux profils et compétences variés.
Trois élus défendent déjà nos idées au conseil municipal. Nous travaillons en équipe et préparons, à leurs côtés, tous les conseils municipaux, depuis 2020.
Vingt ans plus tard à quoi ressemble le quartier de la Ferme ?
Seul le nom perdure. Tout a changé : ses habitants, son insécurité galopante, la fermeture progressive de ses commerces, sa bétonisation.
On se sentait en sécurité dans toute la ville et à toute heure. C’est encore le cas dans certains quartiers mais plus dans le nôtre. Nos enfants rentraient à pied depuis le métro, quelle que soit l’heure, sans aucune crainte. Entre notre fille aînée et la dernière, les choses ont changé. Passés 22h, on hésite à laisser une jeune fille rentrer seule, on lui interdit de traverser certains lieux. Le prix à payer : a minima des remarques déplacées voire… des insultes. Bref, le harcèlement de rue classique réservé à certains quartiers de la ville, délaissés par la mairie.
Les commerces ont disparu au fur et à mesure du temps et trop peu sont prévus dans la ZAC en construction. Avons-nous d’autre choix que le supermarché Auchan devenu quasiment le seul commerce ? Et que dire de la galerie des Trois Moulins qui fait triste mine avec tous ses rideaux baissés ?
L’être humain n’a plus sa place dans ce quartier aseptisé, alignant des immeubles toujours plus hauts, posés les uns à côté des autres, sans unité architecturale.
Le Chemin des vignes et l’ensemble du jardin botanique sont les derniers lieux de mémoire de notre quartier. La mairie a prévu de bétonner la cour des serres municipales située 135 avenue de Verdun, en y implantant plusieurs bâtiments destinés au centre musulman et un pour un centre interreligieux. Préservons le seul poumon de l’avenue de Verdun !
Ce constat dressé offre trois possibilités : partir, se résigner ou agir. Animée par des convictions, j’ai fait le choix de m’engager sur une liste qui remettra la sécurité et le lien entre les personnes, notamment grâce à un meilleur cadre de vie, au cœur de nos quartiers.
L’attention portée aux autres est mon ADN. J’ai acquis une très bonne connaissance du terrain social en œuvrant auprès des plus fragiles depuis l’âge de 18 ans : personnes âgées, isolées, handicapées, en grande difficulté, accompagnement scolaire, bénévolat au sein de la maison de retraite Sainte-Lucie etc. Je mets déjà ces compétences au service de notre liste. Je poursuivrai dans la future mandature.

