Issy-les-Moulineaux
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[TRIBUNE] Martine Vessière réagit à l’attentat contre Samuel Paty

Alors que le pays rend aujourd’hui hommage au professeur Samuel Paty, je souhaitais partager avec vous un texte co-écrit par Marie-Françoise Chavanne et Abdel Aïssou qui traite de l’opposition de l’islamisme à la République.

Ce texte a suscité l’adhésion de très nombreux enseignants et membres de la société civile.

Il émane de deux auteurs qui connaissent parfaitement le sujet.

J’en connais au moins une des deux : Marie-Françoise Chavanne, inspectrice d’académie honoraire, ex doyenne du collège des inspecteurs de Versailles que j’ai côtoyée dans l’exercice de mes fonctions dans cette même académie, et auteure d’un rapport sur la privation d’instruction terreau de l’endoctrinement.

Quant à Abdel Aïssou, premier haut fonctionnaire issu de l’immigration, un parcours diversifié brillant, son engagement pour la diversité justifie qu’il s’exprime dans la situation actuelle.

Je me réjouis de voir des cadres de l’Education Nationale, anciens ou encore en activité, ou des professeurs s’emparer de ce sujet, et s’en exprimer librement, abondamment, je vois une lueur d’espoir. Notre système n’a que trop souffert de se taire !

Voici leur appel :

« La République ne doit plus rien céder à l’islamisme et à la religiosité ».

Dans la France de 2020 un enseignant a été sauvagement assassiné pour avoir fait son travail.

Nos premières pensées vont à sa famille et à la communauté éducative confrontées à la tristesse et au désarroi.

Il faut regarder la réalité en face : le bras de ce criminel a été armé par celles et ceux qui ont contesté son cours à partir d’une appartenance religieuse.

Bien sûr à des degrés divers les autres religions tentent d’imposer leur lecture d’éléments tels la théorie de l’évolution ou des acquis scientifiques majeurs. Elles aussi, tentent parfois de réintroduire l’interdiction du blasphème ou de ce qu’ils estiment tel dans l’espace public. Mais il faut objectivement dire les choses : l’utilisation de l’islam écarte des territoires entiers de la loi républicaine. Des quartiers sont transformés en enclaves et voient remis en cause le vendredi soir dans des pseudos écoles coraniques tous les enseignements de la semaine donnés dans les établissements de l’éducation nationale.

L’islamisme tente de transformer le continent de valeurs qu’est notre République en un archipel où la prescription religieuse l’emporterait sur la loi commune. Cette fragmentation sociale se nourrit d’une distance à la collectivité et structure ce qu’il faut bien nommer un séparatisme et des loyautés alternatives. Notre République s’est construite autour de la laïcité par la mise à distance du religieux et principalement du catholicisme pour aboutir à un cadre finalement consensuel. Ce socle est aujourd’hui remis en cause au nom d’une religion et ouvre des brèches pour d’autres revendications : retour de la notion de blasphème, apostasie, relations femmes/hommes, créationnisme…

Les signataires appellent à ce que la raison prévale et qu’il n’y ait pas de boucs émissaires. Mais nous devons cesser d’être naïfs ou aveuglés par notre tolérance : nous ne devons plus rien céder sauf à créer les conditions de l’implosion de notre pacte social. De manière concrète : tout élève qui s’opposerait à un cours à raison de convictions supposément religieuses devra être exclu et ses parents convoqués. Les forces de l’ordre devront pouvoir se transporter instantanément pour que ces personnes comprennent qu’il n’y aura plus de tolérance face aux menaces ou aux pressions. La réponse judiciaire sera aussi essentielle et chaque enseignant ne devra plus être laissé seul face à des pressions multiples.

La question de l’enseignement du fait religieux et louable dans son intention conduit à ouvrir une brèche dans notre école laïque. Sa suppression mérite d’être étudiée.

Tout comme mérite d’être étudiée la question des pseudo écoles qui se créent sans cesse plus nombreuses (évangéliques comme coraniques) et développent des théories à rebours des programmes de l’éducation nationale.

La question de l’expression de convictions religieuses de manière vestimentaire devra également être posée clairement avec les instances censées représenter l’islam : si ces voiles traduisent une conviction religieuse ils n’ont pas leur place dans l’espace scolaire, sorties comprises. Il faut le redire : cessons d’être naïfs, c’est à force de pseudo accommodements que des intervalles ont été créés pour contester les règles de notre organisation sociale.

Si ces personnes peuvent tranquillement contester le droit de débattre qui est l’un des fondements de notre République c’est que nous n’avons que trop toléré des dérives qui ont progressivement miné notre pacte républicain. Dans des sociétés publiques de transports, des personnes refusent de reprendre le véhicule précédemment conduit pas une femme, à l’hôpital un médecin pourra sous la menace être interdit d’examiner une femme. Tout ceci tend à imposer une division sexuée de l’espace social.

Seule une réponse ferme et déterminée dans l’espace et dans le temps permettra de revenir aux fondamentaux de notre République car à continuer à les ignorer nous serons collectivement responsables de l’éclatement de notre société et d’une violence sans cesse croissante. C’est à cette condition que la mort de cet enseignant ne sera pas absurde.

Soyons dignes de son engagement. Réveillons-nous !

Abdel Aïssou ancien sous-préfet et ex-secrétaire général d’académie, président d’une association solidaire, Marie-Françoise Chavanne, inspectrice d’académie honoraire, ex doyenne des inspecteurs, auteure d’un rapport sur la privation d’instruction terreau de l’endoctrinement.

En complément :

Abdel Aïssou est le premier haut fonctionnaire issu de l’immigration, Enarque. Passé par la préfectorale, puis plusieurs cabinets ministériels dont celui de l’intérieur où il est chargé de l’égalité des chances (à l’origine de la création des cadets de la République), ensuite directeur général du groupe Randstad France où les facultés du privé lui permettent d’appliquer ses idées sur la diversité, enfin président d’une association solidaire.

https://www.lesechos.fr/2016/11/abdel-aissou-au-nom-de-la-diversite-1113368

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