Issy-les-Moulineaux
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Un an après, quel bilan ? L’interview de Jean-Baptiste Bart

Nous sommes ravis de vous retrouver ici pour la suite des entretiens de notre série exclusive avec les élus du groupe Vivre Issy Pleinement. Aujourd’hui, Jean-Baptiste Bart, élu Vivre Issy Pleinement, vous partage sa vision de cette première année de mandat. Habitant le quartier de la ferme, il est ingénieur et figurait en 2ème position sur notre liste aux municipales.

Il y a un an, vous faisiez votre entrée au conseil municipal sous cette nouvelle mandature. Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

La campagne des municipales de 2020 avaient été un grand moment d’échanges et de lien avec les concitoyens d’Issy-les-Moulineaux. Les gens nous questionnaient, voire nous interpellaient sur des sujets qui leur tenaient à cœur comme la densification, la cadre de vie, la sécurité, … Un an plus tard, je me sens toujours investi et engagé pleinement dans ces thématiques et plus généralement dans les autres sujets qui touchent à la ville. Nos électeurs nous ont confié un mandat et nous nous devons de les représenter.

Quel regard portez-vous sur la ville un an après ces élections ?

On ne peut pas répondre à cette question sans avoir en tête l’interminable crise sanitaire que nous traversons depuis un an. Les Isséennes et les Isséens ont fait, comme beaucoup de Françaises et de Français, preuve de beaucoup de résilience et de patience. Les commerces de la ville ont été néanmoins touchés, notamment les bars et les restaurants, toujours fermés en ce début de printemps 2021. Ces cafés avaient été des lieux importants pour notre campagne en 2020 et nous avons hâte d’y organiser à nouveau des débats avec les habitants.

Même si le mois d’avril 2021 est marqué par la fermeture des écoles, le maintien des écoles ouvertes de septembre 2020 à mars 2021 a été un grand soulagement pour les enfants et pour les parents.

La crise sanitaire et les confinements et couvre-feux à répétition ont entraîné deux évolutions durables : le besoin de respirer et le télétravail. Sur ces deux aspects, la politique de notre ville n’a hélas pas évolué depuis un an.

Quels combats ou actions avez-vous portés tout au long de cette année ?

Le premier combat a été de nous faire entendre et respecter. Le conseil municipal d’installation du 23 mai 2020 avait été une parodie ! La démocratie locale est un combat permanent !

Nous n’avons pas cédé aux intimidations et nous sommes désormais bien en place pour mener d’autres combats, comme le cadre de vie et la sécurité, deux grands thèmes de notre campagne que nous prolongeons.

Tout au long de cette année, je suis resté particulièrement vigilant sur les projets immobiliers de la Ville car les citoyennes et les citoyens de la ville nous avaient fait part de leurs vives préoccupations à ce sujet lors de la campagne, notamment dans la quartier de La Ferme.

Y a-t-il eu dans la gestion de la ville par la majorité municipale, des évolutions liées aux propositions de l’opposition ?

Les commissions et les conseils municipaux sont des moments très importants où nous pouvons agir, en questionnant la municipalité.

Notre vigilance et notre exigence de tous les instants ont contribué à améliorer la qualité des dossiers lorsqu’ils arrivent en conseil municipal.

On a assisté récemment à des problèmes de délinquance importants, que ce soit des rixes entre bandes de jeunes, des cambriolages ou même des agressions physiques. Comment jugez vous la réponse apportée par la municipalité ?

Fin janvier 2021, j’ai été témoin direct de l’une de ces rixes. Une trentaine de jeunes qui se coursaient et se défiaient à proximité du tramway Les Moulineaux. De nombreuses personnes que j’ai pu rencontrer ou écouter ont fait part de leur sidération de voir de tels événements se reproduire. Interrogée en conseil municipal, la majorité s’est d’abord braquée et a répondu avec une agressivité regrettable. En se basant uniquement sur sa sempiternelle prévention, elle s’est entêtée… Mais les nombreuses remontées de terrain l’ont obligée à reconnaître qu’il fallait aller plus loin et entamer de vraies actions de surveillance et de sanction. Mais elle avance trop lentement, de peur de devoir reconnaître se dédire sur certains points…

Quelles sont vos préconisations pour tenter d’endiguer le problème ?

Une présence policière accrue et visible sur le terrain est indispensable pour rétablir la sécurité et rassurer les habitants et les clients des quartiers. Je ne sais pas si cela passe par une police municipale ou par la vidéo-surveillance, mais il faut que des actions visibles soient mises en place.

Sur le sujet de l’urbanisme, il y a une fronde de plus en plus importante des citoyens dans de nombreuses villes d’île de France et plus particulièrement de petite couronne. Certains collectifs se constituent à Issy mais la ville ne semble décidément pas prête à les entendre. Comment l’expliquez-vous ?

La ville a récemment mis en place un budget climat qui lui sert de bonne conscience. Les nouvelles constructions sont certes plus vertueuses en termes de CO2, mais les chantiers de démolition ne sont pas pris en compte par exemple !

Pensez vous que l’on puisse concilier bien-être en ville et toujours plus de densification ?

La ville d’Issy-les-Moulineaux ne parvient pas à mettre à jour son logiciel de développement urbain. Ce logiciel de densification d’habitations et de bureaux était déjà en péril début 2020 et il est en train de se faire balayer par la crise sanitaire :

  • Le bien-être d’habiter en ville passera par la possibilité de s’y aérer, de profiter de jardins où l’on peut marcher ! La végétalisation verticale, concept en vogue à Issy-les-Moulineaux, est complètement hors-sujet à cet égard !
  • Le bien-être de travailler en ville passera par une forte dose de télétravail, avec un moindre besoin de surface de bureaux. Les immeubles de bureaux à louer sont touchés par une lame de fond sans précédent.

Quel modèle alternatif proposer ?

Il faut reverdir et aérer les villes, sans tomber dans le piège de l’enlaidissement comme le fait la mairie de Paris. Il ne faut plus de chantier de démolition : il faut aménager, aérer et verdir l’existant !

Les gens veulent une ville respirable, verte et dynamique !

Les finances de la ville sont réputées pour être saines, et les taux d’impositions demeurent très bas. Pourquoi avoir fait des finances un enjeu majeur de votre programme ?

Le modèle économique de notre ville est comme sa stratégie de densification : il est arrivé au bout de sa logique et doit se renouveler rapidement.

Sur le sujet de la démocratie locale, les instances ont été renouvelées cette année (CESEL et conseils de quartiers). Êtes vous parvenus à vous y implanter ?

Les désignations au CESEL ont été une fumisterie indigne.

Les élections des conseils de quartier ont permis à certains de nos candidats d’être élus et, exigeons-le pour l’avenir, d’être écoutés même si ces conseils restent des chasses gardées de la majorité municipale.

SI vous deviez retenir une chose de cette première année de mandature, laquelle serait-ce ?

Une volonté permanente d’être utile avec un collectif VIP qui s’affirme comme une force politique locale et durable !

Un message particulier à adresser aux Isséens ?

Hâte de les rencontrer à nouveau et de pouvoir échanger de vive voix avec eux !

Rendez-vous très bientôt sur notre site pour le troisième et dernier entretien de notre série exclusive, avec Martine Vessière, élue Vivre Issy Pleinement.

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